La R1094 fait partie de l’ultime génération de Dauphine, celles qui ont peu à peu bénéficié, pour raisons de standardisation, de composants issus des Renault 8. L’élément majeur que la R8 a eu la générosité de léguer à la Dauphine c’est son freinage à disques Lockheed-Bendix. D’un diamètre généreux de 261 mm ceux-ci apportent un incroyable surcroît de modernisme à cette vieillissante berline. Rappelons, car c’est important, que lorsqu’elle est sortie en 1962, la R8 était quasiment une précurseur dans la très grande série. En effet, seul Jaguar avait jusqu’alors monté quatre disques sur ses voitures de tourisme, une technologie qui a fait la différence en compétition à partir de 1953 sur les fantastique C-Type et celles qui ont suivi. Infiniment moins prestigieuse que les fauves de la marque de Coventry, la Renault 8 est donc dotée d’un dispositif incroyable sur une voiture de cette catégorie. Et le fait qu’il ait été adapté à la Dauphine l’est encore davantage. Malgré cela, la sportive de la gamme, la R1093, n’a jamais reçu ces disques en série et cela s’explique facilement. Et pour cause, lorsqu’est sortie la R1094, la 1093 se trouvait au crépuscule de son existence. L’arrivée des disques dans la gamme Dauphine a toutefois permis une extension d’homologation pour la compétition, laquelle a autorisé aux compétiteurs le montage de ce système de freinage sur leur 1093. Malgré ce que véhicule une légende décidément bien tenace, il est utile de rappeler que la 1093 n’a jamais eu de freins à disques de série. Ces montages devenus assez nombreux avec le temps sont tous des modifications même si quelques-uns ont été initialement réalisés chez Renault. Sous des lignes désormais désuètes, la Dauphine cache donc, en 1963, une merveille de technologie. […]
Texte et photos Hugues Chaussin
Gazoline