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16.2.14

Fukushima : niveau inédit de césiums radioactifs


Les niveaux de césiums radioactifs mesurés en 24 heures par la compagnie gérante de la centrale accidentée de Fukushima des eaux souterraines contenues dans un puits, situé entre les réacteurs ravagés et le Pacifique voisin, ont connu une brusque envolée que Tepco ne s'explique pas.

Une teneur en césium 134 de 37 000 becquerels par litre d'eau et de 93 000 becquerels par litre pour le césium 137 a été relevée, des niveaux bien supérieurs à ceux de la veille, selon les données publiées par Tokyo Electric Power (Tepco).
Cette eau a été puisée à 16 mètres de profondeur en un lieu où l'on savait déjà que l'eau souterraine avait été fortement contaminée par le biais de tranchées où s'est accumulé du liquide hautement radioactif venant des réacteurs accidentés le 11 mars 2011, après le passage d'un gigantesque tsunami. Selon Tepco, cette eau ne coulerait pas vers la mer.
L'EAU CONTAMINÉE, PROBLÈME LE PLUS ÉPINEUX
Le problème de l'eau contaminée est un des plus épineux qu'ait à gérer la compagnie depuis près de trois ans. Plus de 350 000 mètres cubes sont stockés dans des réservoirs montés sur le site et des dizaines de milliers d'autres ont envahi les sous-sols des bâtiments et tranchées souterraines.
Des systèmes de traitement ont été mis en place pour décontaminer cette eau, mais ils sont encore notoirement insuffisants. Tepco prévoit de les renforcer et de construire d'autres citernes pour atteindre une capacité de stockage de 800 000 mètres cubes d'ici à 2016.
D'ores et déjà cependant, des experts, dont ceux de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), conseillent d'étudier la possibilité de rejeter en mer l'eau qui aura été débarrassée de l'essentiel des radionucléides, tout en sachant qu'il restera encore du tritium que l'on ne peut pour le moment extraire.
LE MONDE - FRANCE

Suisse - Non à l'immigration !

Drapeau suisse sur le lac Léman - Airflore/FlickR/CC
VU DE SUISSE ROMANDE
"Une victoire qui gifle l'autre Suisse", explique Le Temps, qui titre en une : "Bruxelles, nous avons un problème...". Il oppose "sérénité romande" et "aveuglement alémanique", regrettant "la dynamique hystérique sur la surpopulation et le dumping salarial qui s'est développée au fil des semaines". Le quotidien de Genève estime que la Suisse "rembobine le film de l'histoire" en faisant le choix de reprendre le contrôle de ses frontières. "Le choc est d'autant plus sévère pour le gouvernement et l'establishment politique que c'est la première fois, depuis 22 ans, que le peuple refuse des propositions d'ouverture", poursuit le journal.
Le Temps assure qu'il faut "s'interroger sur les leçons et les conséquences de ce vote". La Suisse, dit-il, est "probablement l'un des pays les plus internationalisés au monde". Mais à l'évidence, une partie de la population "ne comprend plus la logique des échanges et semble n'en percevoir que les aspects négatifs". Il regrette un manque d'explications sur les dossiers concernant l'Europe (recherche, énergie, finance...) par le gouvernement fédéral de Didier Burkhalter, un silence "qui se paie cash dans les urnes".
VU DU PORTUGAL
Le Portugal semble directement concerné par le résultat du vote helvétique : ces dernières années, c'est de ce pays qu'est parti le plus important contingent d'immigrés de l'UE à destination de la Suisse. L'éditorial du journal portugais Público résume de façon laconique la problématique du résultat du référendum suisse : "La droite nationaliste a gagné, l'Europe a perdu". L'impact d'une limitation de l'immigration se fera nécessairement sentir au Portugal car, selon le sociologue José Carlos Marques cité par un article du quotidien, "sur les cinq dernières années, la population portugaise résidante en suisse a augmenté de 154 731 habitants, ce qui en fait aujourd'hui la troisième population étrangère du pays (318 000 personnes)", après les Italiens et les Allemands.
Si l'immigration portugaise en suisse ne date pas d'hier (sur ce sujet lire l'article publié par Courrier International), elle s'est accélérée depuis le début de la crise économique en 2008. Les arrivées de migrants portugais se font parfois dans des conditions difficiles. Depuis quelques années, les journaux portugais signalent régulièrement des situations où des concitoyens dorment dans les gares ou les trains suisses, ce qui a poussé l'Eglise portugaise à ouvrir des permanences pour porter secours aux migrants en détresse, mal préparés et dépassés par les prix suisses. Selon le Público, des immigrés portugais installés depuis longtemps en suisse s'organisent désormais pour distribuer de la nourriture dans les stations de trains. Et, selon le Diário de Notícias, ces immigrés "s'inquiètent du résultat du référendum" et réfléchissent à demander la nationalité suisse.
COURRIER INTERNATIONAL

Les sans-papiers américains le resteront

Le républicain John Boehner, président de la Chambre des représentants, a fait part de ses doutes sur le fait qu'une réforme de l'immigration, l'un des projets phares du gouvernement Obama, pourrait être adoptée cette année. Il avait pourtant, quelques jours plus tôt, proposé aux élus républicains les principes d'une réforme de l'immigration. 

Explication : les républicains auraient peur qu'Obama corrige ou infléchisse à coups de décrets présidentiels une réforme adoptée par une majorité républicaine. Mais selon The New York Times la volte-face de Boehner tiendrait surtout au fait que la droite républicaine était au bord de la révolte face à une réforme de l’immigration qu’elle assimile à une "amnistie".


Le républicain John Boehner, président de la Chambre des représentants, a fait part de ses doutes sur le fait qu'une réforme de l'immigration, l'un des projets phares du gouvernement Obama, pourrait être adoptée cette année. Il avait pourtant, quelques jours plus tôt, proposé aux élus républicains les principes d'une réforme de l'immigration.

Explication : les républicains auraient peur qu'Obama corrige ou infléchisse à coups de décrets présidentiels une réforme adoptée par une majorité républicaine. Mais selon The New York Times la volte-face de Boehner tiendrait surtout au fait que la droite républicaine était au bord de la révolte face à une réforme de l’immigration qu’elle assimile à une "amnistie".
Dessin de Darkow
COURRIER INTERNATIONAL

Fuck the E. U.!

"Une petite majorité du peuple impose à la Suisse un changement de cap en matière d’immigration", écrit le quotidien Le Temps au lendemain du référendum qui a vu les Suisses s'opposer à la libre circulation des personnes, et qui suscite la consternation au sein des "élites". "A l’évidence, une majorité de la population, en particulier la Suisse des campagnes, est désécurisée, poursuit l'éditorialiste du quotidien genevois […] En votant oui avec l’UDC, beaucoup ont pensé – un peu naïvement – qu’il s’agissait simplement de reprendre en main l’immigration, et non d’un vote politique qui menace l’ensemble de nos relations avec l’Europe".Ce "merde à l'Europe" prononcé par 50,34 % des électeurs fait écho à celui qu'a lancé la diplomate américaine Victoria Nuland dans une conversation téléphonique avec l'ambassadeur américain en Ukraine, critiquant la façon (différente de celle des Etats-Unis) qu'ont les Européens de considérer la crise en Ukraine ; ces propos privés, écoutés et captés par les services secrets russes, ont été diffusés sur YouTube - et largement commentés.
"Une petite majorité du peuple impose à la Suisse un changement de cap en matière d’immigration", écrit le quotidien Le Temps au lendemain du référendum qui a vu les Suisses s'opposer à la libre circulation des personnes, et qui suscite la consternation au sein des "élites".

"A l’évidence, une majorité de la population, en particulier la Suisse des campagnes, est désécurisée, poursuit l'éditorialiste du quotidien genevois […] En votant oui avec l’UDC, beaucoup ont pensé – un peu naïvement – qu’il s’agissait simplement de reprendre en main l’immigration, et non d’un vote politique qui menace l’ensemble de nos relations avec l’Europe".

Ce "merde à l'Europe" prononcé par 50,34 % des électeurs fait écho à celui qu'a lancé la diplomate américaine Victoria Nuland dans une conversation téléphonique avec l'ambassadeur américain en Ukraine, critiquant la façon (différente de celle des Etats-Unis) qu'ont les Européens de considérer la crise en Ukraine ; ces propos privés, écoutés et captés par les services secrets russes, ont été diffusés sur YouTube - et largement commentés.
Dessin de Schneider paru dans Tageblatt
COURRIER INTERNATIONAL

Joan Miró au secours du Portugal

The Farm de Joan Miró - 1921-1922 - Peinture à l'huile
The Farm de Joan Miró - 1921-1922 - Peinture à l'huile Libre de droits

L'annonce de la vente de 85 toiles du maître catalan du surréalisme par l'Etat portugais a provoqué une polémique dans la presse portugaise. En temps de crise économique, est-il légitime de vendre son patrimoine pour renflouer les caisses de l'Etat ? 
Christie's a finalement annulé la vente aux enchères de 85 tableaux du peintre Joan Miró, collection qu'elle avait qualifiée "d'une des plus grandes et intéressantes offres de travail de l'artiste jamais mises en vente". L'Etat portugais avait mis en vente les toiles du peintre catalan dans l'espoir de diminuer un peu sa dette publique. En effet, la collection appartenait à la banque BPN – cette dernière en faillite à l'époque a été renflouée et nationalisée par l'Etat portugais en 2008, pour finalement être privatisée en 2011. (En pleine crise économique, ce sauvetage avait créé un trou de 4 milliards d'euros dans les caisses de l'Etat.)

Deux irrégularités ont été pointées du doigt par la société de vente aux enchères anglaise pour motiver la suspension de la vente. Selon l'
hebdomadaire Expresso, les tableaux seraient arrivés sur le territoire anglais par la "valise diplomatique", c'est-à-dire comme si ceux-ci avaient été propriété d'Etat (ce qui n'est pas clairement avéré).

Par ailleurs, la Direction générale du patrimoine culturel (Dgpc) [entité responsable des biens culturels de l'Etat portugais] n'a j
amais été mise au courant de la vente et de l'acheminement des tableaux. Néanmoins, selon Barreto Xavier, secrétaire d'Etat à la Culture, "affirmer que les Miró sont propriété d'Etat relève de la mystification". La vente ne devait que contribuer à combler le trou creusé dans le budget après avoir rescapé la BPN en faillite.

"Une république bananière"

Le journaliste et homme politique Marcelo Rebelo de Sousa (Parti social-démocrate, au pouvoir) déclare que le cas est "digne d'une république bananière". Et il ajoute que "personne ne met en vente 85 tableaux de maître en une seule fois, ce qui les dévalorise".

Si l'opposition parlementaire (le Parti socialiste portugais en première ligne) a manifesté sa volonté de conserver les toiles de Joan Miró au Portugal, le gouvernement, lui, maintient sa position afin de diminuer le poids financier du renflouement du BPN sur les contribuables. Le Premier ministre Pedro Passos Coelho a confirmé que les œuvres seront remises en vente.

Du pragmatisme en temps de crise

L'éditorialiste d'Expresso, Daniel Oliveira,
encourage la vente, expliquant que, après un temps d'exposition permettant à la collection de gagner en valeur, "ces tableaux seraient aussi bien ailleurs qu'ici".

Manuel Carvalho du Público, dans son billet "Miró par temps de colère",
explique que la polémique est "un coup d'épée dans l'eau" de l'opposition, habituée à attaquer le gouvernement sur toutes les questions qui peuvent animer le débat sur les politiques d'austérité. C'est d'ailleurs le gouvernement précédent – dirigé par le Premier ministre José Socrates – qui aurait entamé le processus de vente des œuvres d'art. Il conclut ainsi : "Les toiles ne sont pas déterminantes pour notre culture ou notre cosmopolitisme et nous ne sommes pas dans une situation de stabilité financière qui nous permet d'être généreux dans nos investissements dans les objets d'art.".

Une
pétition réclamant que les tableaux restent au Portugal a déjà rassemblé plus de 10 000 signatures. A la demande de l'opposition, le sous-secrétaire à la Culture sera prochainement entendu en commission à l'Assemblée nationale afin de clarifier son rôle dans l'acheminement des œuvres à Londres.
COURRIER INTERNATIONAL