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Automobile et Histoire - MATHIS EMY 8 CABRIOLET GANGLOFF (1/2)

Livrée au cours de l’été 1934 à un chirurgien-dentiste de Pontarlier, cette exceptionnelle EMY 8 carrossée par Gangloff témoigne des ambitions d’un jeune entrepreneur devenu quatrième constructeur français. Il suffit de prendre le volant de cette diva pour en avoir la certitude : Emile Mathis était un brillant personnage.

La période allant de 1930 à 1935 est considérée comme la troisième dans le découpage de l’histoire des voitures Mathis. C’est celle où l’entrepreneur alsacien abandonne tout doucement les formes verticales au profit de profils plus aérodynamiques. C’est aussi celle des premiers remous, consécutifs à la crise boursière de 1929. Les modèles précédents sont reconduits en 1930 (MY, QM, EMY 6) en parallèle d’une nouvelle génération caractérisée par des caisses refondues. La principale nouveauté de la marque a une ambition internationale. Il s’agit de la PY 6/7 CV cette voiture promise à « étonner l’Amérique » selon son constructeur et promoteur. Elle s’accompagne des économiques TY 5 CV mais aussi des EMY 4, des six cylindres ainsi que d’un modèle prestigieux baptisé EMY 8, avec un 8 pour… huit cylindres. […] Premier constructeur à livrer simultanément sur catalogue des voitures à quatre, six et huit cylindres, Mathis se démarque par ailleurs par des technologies aussi audacieuses que les quatre roues indépendantes avec barres de torsion, une première sur une voiture française de série, ou encore la boîte de vitesses à roue libre favorisant l’économie, le silence et la réduction de l’usure mécanique. Malgré une conjoncture économique difficile, le constructeur strasbourgeois parvient au cours des deux premières années de la décennie à doubler ses volumes en partie grâce à son implantation outre-Atlantique. En parallèle de sa gamme de six cylindres de 2 l, 2,2 l, 3 l et même 4,1 l, ce dernier étant d’origine Continental, Mathis revient aux huit cylindres après une tentative infructueuse en 1925. C’est en mai 1930 que le constructeur français élabore sa première huit cylindres de nouvelle génération, mue par un généreux moteur Continental de 5,2 l de cylindrée monté dans le plus grand châssis jamais réalisé par la marque, caractérisé par un empattement de 3,50 m. Mais Mathis préfère, rapidement, se tourner vers des moteurs de conception “maison”, des huit cylindres type HY reprenant de nombreuses pièces du quatre cylindres QY. La première EMY 8, officiellement surnommée Super-Mathis, est dévoilée au salon de Paris d’octobre 1931. Autour d’un moteur unique, quatre configurations de châssis sont proposées, lesquelles mixent deux largeurs de voies (1,30 m et 1,38 m) et quatre longueurs d’empattement allant de 2,75 m à 3,35 m. Cette voiture exceptionnelle par ses prestations, ses dimensions et sa technologie embarquée se destine à une clientèle très argentée, une sorte d’élite à laquelle Emile Mathis souhaite offrir une alternative valable aux voitures très bourgeoises que sont les Delahaye, Talbot et autres Panhard & Levassor.


Texte et photos Hugues Chaussin
Gazoline

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