Top model automobile des années 60, la Renault Floride incarne à merveille le glamour français des trente glorieuses. Son égérie, l’actrice Brigitte Bardot, a fait d’elle une starlette planétaire qui s’est épanouie des plages de la Méditerranée jusqu’à la côte ouest des Etats-Unis.
Son joli prénom trahit ses ambitions : viser encore plus loin que la Simca Océane. Avec la Floride, Renault souhaite conquérir le cœur de l’Amérique ! Et pour cause, le constructeur au losange administré par Pierre Dreyfus depuis le décès de Pierre Lefaucheux en 1955, a désormais deux objectifs majeurs : inonder les Etats-Unis d’automobiles et faire passer le volume exporté de 1 000 à 2 000 voitures à l’horizon 1960. Outre-Atlantique, la “seconde voiture” commence doucement à se démocratiser dans les foyers bien établis, c’est pourquoi Renault vise la clientèle féminine avec sa nouvelle Floride présentée au Salon de l’auto de Paris d’octobre 1958. Il s’agit d’une voiture de sport à quatre places, soit en carrosserie coupé, soit en cabriolet, animée par un petit moteur économique, facile à conduire et très maniable. Dérivée de la Dauphine, elle-même issue de la 4 CV, la Floride est un modèle techniquement simple, à mi-chemin entre un roadster britannique et un cabriolet italien. Elle a la simplicité du premier et le raffinement du second, sans toutefois témoigner de la moindre prétention mécanique. La genèse de cette voiture a été rapide. En 1957, Fernand Picard, l’ingénieur qui a chapeauté la conception de la Dauphine, demande à Luigi Segre, patron du carrossier turinois Ghia, de lui dessiner une voiture de sport de même philosophie que la VW Karmann dont il est l’auteur. Ce dernier réalise des premières esquisses mais, étant engagé avec le constructeur allemand, il refuse d’aller plus loin dans le projet. C’est alors que Pietro Frua, également sollicité par Renault, va prendre la main. Frua vient justement de confectionner le mannequin d’un spider Maserati pour le compte d’un concessionnaire qui a, finalement, fait le choix de se désengager. Le couturier propose alors d’adapter cette carrosserie sur le soubassement d’une Dauphine.
Texte et photos Hugues Chaussin
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