La Rancho ce serait le Canada Dry de l’espèce. Elle a l’allure d’un 4×4, elle a le goût d’un 4×4, mais elle n’est pas un 4×4. Et pour cause, la création de Romorantin ne dispose “que” de deux roues motrices, qui plus est situées à l’avant. La Rancho est élaborée sur la base d’une fourgonnette 1100 VF 2. Poissy a fourni à Romorantin des voitures nues, non peintes, seulement équipées à l’arrière du plancher et de la partie inférieure des côtés. L’habillage intérieur, les modifications mécaniques au niveau de la suspension et des freins, le montage du réservoir en plastique, ainsi que le garnissage intérieur sont l’affaire des ouvrières et des ouvriers du Loir-et-Cher. L’arrière du véhicule est entièrement rhabillé d’une cellule en stratifié maintenue par une ossature métallique, l’ensemble étant boulonné sur la carrosserie initiale de la VF 2. Cette cellule arrière est collée sur la partie avant qui, pour sa part, ne fait l’objet d’aucune modification, hormis l’ajout d’un bouclier et d’extensions d’ailes en polyester ainsi que d’une galerie de pavillon garnie de trois glissières et sécurisée par un garde-fou tubulaire. Le train avant provient de la VF 2 avec toutefois une modification du diamètre de la barre stabilisatrice avant, porté à 21 mm, et les amortisseurs qui sont spécifiques. La suspension arrière est renforcée au niveau de la traverse, des bras, des fusées et des barres de torsion dont le diamètre passe de 20,9 à 22,2 mm. Comme devant, les amortisseurs sont spéciaux. Le circuit de freinage provient de la 1100 Ti avec son assistance par servofrein. Parmi les autres équipements signalons la présence du système de chauffage des 1100 “pays froids” ainsi que des phares H4 des 1100 Ti. La boîte de vitesses provient de la 1307 mais elle s’accompagne de cardans en 40 mm issus des 1100. Quant au moteur, il est emprunté à la Simca 1308 GT. Il s’agit du bloc “Poissy” culbuté déjà utilisé par Matra sous le capot arrière des Bagheera S. Par rapport au 1 294 cm3 qui fait des merveilles sous le capot de la Simca 1100, il voit la course de ses pistons passer de 70 à 78 mm, cette opération permettant de rehausser la cylindrée à 1 442 cm3 et, surtout, d’obtenir l’élasticité qui manque tellement au 1 294 cm3. S’il est alimenté par deux carburateurs doubles corps sur le coupé sport, il se contente ici d’un seul double corps Weber de 36 mm, un montage similaire à celui des 1308. Ce parti-pris est judicieux car le caractère moteur recherché n’est pas le même que pour la Bagheera. Avec 80 ch obtenus à 5 600 tr/mn, il en rend dix à la sportive, mais ceux-ci n’auront servi à rien sur ce véhicule, à part faire grimper la consommation.
Texte et photos Hugues Chaussin
Gazoline

