Judicieusement positionnée entre les petites Celtaquatre 8 CV et les puissantes Viva 23 CV, la Primaquatre de 14 CV fait figure de juste milieu dans la gamme Renault des années 30. L’énergie de son moteur et sa maniabilité en font certainement la plus intéressante à acheter pour prendre du plaisir en avant-guerre, sans risquer la déception occasionnée par un manque de dynamisme. Et en cabriolet, la Prima combine encore plus de qualités…
La Primaquatre fait son apparition en janvier 1931 au sein d’une gamme Renault en plein déploiement. Il s’agit d’un modèle qui combine la carrosserie légère et compacte de la Monasix et le quatre cylindres 11 CV assez généreux de la KZ5. L’ensemble produit une voiture dynamique qui atteint 105 km/h, soit presque autant que les véhicules de la marque à moteurs six cylindres de 16 CV. A compter du modèle 1933, la Prima gagne en vélocité et en agrément en recevant une boîte à deuxième et troisième synchronisées. Elle voit par la même occasion sa vitesse atteindre 110 km/h. Pour l’année 1934, la Primaquatre poursuit sa dynamisation avec une puissance moteur passant de 35 à 40 ch et une carrosserie nettement plus aérodynamique, l’ensemble permettant des performances encore en hausse. Avec 115 km/h, la Prima devient une 11 CV hors d’atteinte que seul Citroën parviendra à égaler près d’un an plus tard avec sa 7S, une traction avant de 46 ch dont les incroyables prestations routières ont été atteintes au prix d’une fiabilité aléatoire. A l’occasion du salon de l’automobile 1935, l’ensemble de la gamme Renault est renouvelé en s’inspirant plus ou moins de la série des Grand Sport expérimentée dans le courant de l’année. Les caisses sont élargies et les marchepieds disparaissent, la lunette de certains modèles est en deux parties, la plaque minéralogique arrière est rétro-éclairée tandis que la roue de secours est déplacée à plat dans le coffre. En revanche, les phares incorporés dans les ailes, le pare-brise en V et les spats de roues arrière demeurent le privilège des Grand Sport. En parallèle, une rationalisation de l’offre est opérée avec la suppression des Monaquatre, Vivasport et Nervasport...
Texte et photos Hugues Chaussin
Gazoline