Ma grand-mère Rolande fut l’une de ces femmes qui passèrent le permis dans la deuxième moitié des années 40. A l’époque, elles étaient rares. Au volant d’une 2 CV AZU, elle se rendait quotidiennement chez les fournisseurs à Paris et avait en parallèle la charge des livraisons pour la petite entreprise Chaussin. Si elle et mon grand-père purent rapidement s’acheter une voiture supplémentaire pour les déplacements familiaux, d’autres n’ont pas eu cette possibilité et la fourgonnette de l’artisan ou du commerçant devait rendre, seule, tous les usages. De nombreux enfants du baby-boom, désormais grands-parents et même arrière-grands-parents disent encore avoir vécu leur meilleure vie, en culottes courtes, assis à-même la tôle cabossée des passages roues. De cette double nécessité sont nées de nombreuses idées astucieuses, le plus souvent à l’initiative de bons bricoleurs ayant élaboré des équipements amovibles pour transformer en un rien de temps la fourgonnette en familiale, et vice-versa. Ce souhait de modularité n’a été que tardivement pris en compte par les constructeurs. Ce sont d’abord de petites entreprises qui ont proposé des modifications sur les voitures utilitaires, à l’image de la société S.A.G.A.I.S., à Levallois-Perret, qui s’est spécialisée dans la « visibilité totale” automobile en créant la marque Glaçauto. Probablement inspirée par les travaux exécutés avant-guerre par Vutotal sur des voitures de très grande classe, la S.A.G.A.I.S. a scellé un partenariat privilégié avec la marque Citroën pour qui elle a initialement modifié des fourgons Type H, partiellement ou entièrement vitrés, pour le transport de passagers.
Ainsi modifiés, ces véhicules sont accompagnés d’un procès-verbal de réception du service des Mines qui atteste de leur homologation routière sous cette forme, et bien-sûr, avec quatre places assises inscrites sur la carte-grise. En 1963, la Citroën 2 CV AK 350 devient, d’un coup de baguette magique, Citroën Glaçauto 2 CV AKG […]
Texte et photos Hugues Chaussin
Gazoline