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Automobile et Histoire - RENAULT 4 PLEIN AIR : ELLE S'EST PRIS UN VENT...

Conçue pour concurrencer la Citroën Méhari, la Renault 4 Plein Air n’a pas supporté la confrontation avec le malicieux dérivé de la Dyane. Si le match s’est soldé par un K-O debout, cette merveilleuse petite Renault recèle pourtant une foule d’arguments pour convaincre. Si seulement elle avait été moins chère…


Stimulée par un vent de contre-culture, la jeunesse californienne du milieu des années 60 imagine les premiers « dune buggies”, des véhicules atypiques qui vont immédiatement contaminer l’Europe. Les Anglais convertissent un dérivé utilitaire de Mini en voiture de plage alors que Citroën élabore une Dyane très spéciale entièrement carrossée en plastique, vouée aussi bien aux usages professionnels qu’aux activités de loisirs. Chez Renault, on ne veut pas avoir un coup de retard, c’est pourquoi la filiale Sinpar (Société INdustrielle de Production et d’Adaptations Rhodanienne), division de Renault Véhicules Industriels établie à Chassieu dans le Rhône, est missionnée pour préparer une Renault 4 “ludique”. Mais pour l’un et l’autre des constructeurs hexagonaux, les choses ne vont pas se passer tout à fait comme prévu. Alors que la sortie de ces deux voitures est programmée au mois de mai 1968, les mouvements sociaux estudiantins, gonflés par la participation des lycéens, prennent un tour plus massif avec comme premier grand événement la nuit des barricades des 10 et 11 mai dans le Quartier latin, laquelle est suivie de plusieurs répliques importantes, mais également de l’entrée en lice des syndicats ouvriers qui décrètent une grève générale le 13 mai.
 

C’est dans ce contexte pour le moins bousculé qu’est présentée, le 9 mai, la Renault 4 Plein Air, au zoo de Thoiry, avec pour parrain l’acteur américain Eddy Constantine. Une semaine après cet événement, une mobilisation d’ampleur va ensuite secouer les usines Renault de Billancourt et de Flins. C’est dans ce même contexte que la Citroën Méhari fait sa première apparition, quelques jours après la Renault, sur le green du golf de Deauville. Plus loin des barricades, le constructeur aux chevrons décide toutefois de laisser s’écouler plusieurs semaines avant d’officialiser la commercialisation du modèle. Et pour cause, crise économique et sociale majeure oblige, les usines tournent au ralenti, le franc dévisse et le public n’a, de toute façon, pas la tête à acheter une “bagnole”. A l’inverse, Renault juge bon de ne pas attendre et c’est dans une séquence très défavorable à un démarrage commercial que la Plein Air fait ses débuts, très timides.


Texte et photos Hugues Chaussin
Gazoline