Dans son repaire de la rue Ledru-Rollin, à Paris, le coureur automobile Eugène Martin fabriqua quelques coachs Peugeot 203 particulièrement affûtés. Voici l’unique survivant de l’espèce, un bolide profilé capable d’atteindre 160 km/h grâce à son moteur à trois carburateurs !
Après s’être fait spécialiste des moteurs, Martin décide de s’occuper de la 203 dans son entièreté. Il faut dire que d’autres l’ont précédé dans l’art de changer une 203 en magnifique voiture de course. C’est le cas, évidemment, du concessionnaire Emile Darl’Mat, dont les berlines surbaissées et recarrossées connaissent une certaine réussite, aussi bien en compétition que sur la route. Eugène Martin choisit d’aller plus loin puisqu’il opte pour la conception d’un coach surbaissé et sur-profilé qui n’a, visuellement, plus grand chose d’une 203 mais dont la finalité première reste la course. Connaissant très bien le sujet, le motoriste parisien n’éprouve aucune difficulté à métamorphoser la Peugeot du bon père de famille en bête de circuits et de rallyes, en modifiant son moteur, mais aussi l’ensemble des suspensions ainsi que la carrosserie. Avant de détailler les travaux entrepris par Martin, il est nécessaire d’opérer une digression pour évoquer la suite de l’histoire car elle vaut son pesant de soupapes tulipées. Après avoir construit quatre coaches 203, Eugène Matin fait la connaissance de Jacques Bernard, récemment désigné président de la Société des Moteurs Salmson. Le courant passant manifestement très bien entre les deux hommes, le premier propose au second d’essayer sa 203 spéciale. Fort étonné par le potentiel de ce véhicule, en particulier l’énergie de son moteur de 94 ch, Bernard propose à sa nouvelle connaissance de se pencher sur le cas du vieillissant quatre cylindres à double arbre à cames en tête qui connaît, sous le capot de la récente Randonnée, son plus fort développement depuis 1929.
Texte et photos Hugues Chaussin
Gazoline
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