En 1884, De Dion passa la surmultipliée. Il fit ériger sa première usine à Puteaux puis les projets continuèrent à se multiplier, pas seulement dans le domaine automobile ni dans la vapeur. En effet, le pétrole apparaissait chaque jour un peu plus comme l’énergie du futur et le marquis y voyait un débouché potentiel. En parallèle des voitures à vapeur de plus en plus perfectionnées mais toujours pénalisées par le temps de chauffe et les nombreuses manipulations nécessaires à leur conduite, les associés, qui n’étaient plus que deux dès 1894, se sont définitivement tournés vers “l’essence spéciale pour automobiles”. C’est en 1895 qu’a été construit le premier tricycle à moteur De Dion-Bouton. Il était animé par un monocylindre de 0,5 ch refroidi par air.
Apprécié pour sa robustesse, mais aussi pour son révolutionnaire dispositif électrique de commande de l’allumage ayant fait l’objet d’un brevet, ce véhicule pouvant transporter deux personnes, plus une troisième en remorque, possédait une roue libre, ce qui était rare. L’essor des tricycles sera constante jusqu’au début du XXe siècle, avec notamment une augmentation considérable de la puissance qui culminera à 3,5 ch sur des monocylindriques désormais à refroidissement liquide. En parallèle, De Dion-Bouton se consacre depuis 1899 à la fabrication de voiturettes en vis-à-vis permettant le transport de trois à quatre personnes dans de meilleures conditions de confort. Par ailleurs, l’entreprise de Puteaux est de plus en plus demandée par de nombreux constructeurs automobiles et aéronautiques, pour la fourniture de ses moteurs à pétrole, dont elle deviendra, rien de moins, que le premier constructeur mondial. A titre d’exemple, citons Peugeot et Renault qui furent clients de De Dion-Bouton afin de mouvoir leurs automobiles avant de devenir totalement autonomes au niveau des motorisations.
Texte et photos Hugues Chaussin
Gazoline